Kang Youwei

Premier grand théoricien politique de la Chine moderne.

Il est né le 19 mars 1858 à  Foshan (Guangdong) dans une famille de fonctionnaires, dans une Chine en proie à  des insurrections et des aggressions étrangères (guerre de l'opium contre la France et l'Angleterre) et dirigée par les Qing, dynastie contestée car non originaire de Chine (ils avaient été appelés à  l'aide par le dernier empereur des Ming. Et depuis ils sont installés à  Pékin).

Comme son père et son grand-père, il entreprend des études qui le mèneront vers une carrière dans la fonction publique mais il trouvait le système scolaire de son époque très rébarbatif.  

Il commenà§a à  se retirer pour méditer et lors d'une de ses retraites, il eut une vision. Dès lors, il se senti  investit d'une mission de sauvegarde de l'humanité.
En 1878, il échoue à  l'examen provincial pour entrer dans la fonction publique. Il prendra alors un précepteur Chu Tz'uch'i, néo-confucioniste, pendant trois ans. C'est la que Kang se mettra à  rechercher la vérite dans les écrits même de Confucius et non dans les interprétations.

Le confuciannisme prône une moralisation de la vie politique par un homme social éclairé et à  la bonté innée à  sa nature. Mais l'importance qu'il accorde à  la tradition est considerée par certains comme un obstacle à  la modernisation. Kang, quant à  lui,  voyait en Confucius un réformateur, ce qui provoqua la colère de ses collègues.
 
 Après avoir quitté son précepteur,  il fera un certain nombre de voyages (Hongkong, 1879 – Shanghai, 1882)  qui l'amèneront à  s'intéresser de plus près aux étrangers et à  leurs écrits.

Il adressera plusieurs lettres proposant des réformes à  l'empereur mais elles seront interceptées par les hauts fonctionnaires dont il s'attirera la sympathie.
Elles lui permettront d'être nommé secrétaire auprès de la fonction publique après avoir obtenu son doctorat.

Kang voulait faire du confucianisme une religion d'Etat dans une monarchie constitutionnelle à  l'image de l'Eglise en occident.
Il proposait un monde dirigé démocratiquement  par  un gouvernement central et des administrations autonomes mais loyales à  ce gouvernement.
Il voulait la fin de la propriété privée et de la famille, qu'il voyait comme cause de conflits et d'opression des femmes, et qu'il voulait voir remplacée des institutions étatiques. Il prônait l'égalité homme/femmes, un système de retraite et le partage des richesses.

Le 2 mai 1895, il soumait à  l'empereur Guangxu une pétition dont l'objet est le refus des négociations d'un traité de paix avec le japon et l'instauration de Xian comme capitale d'une nouvelle Chine réformée.

Kang voulait a tout prix populariser ses idées. Après l'interdiction de son association  ''la société pour l'étude d'un rajeunissement national'', il créa en 1897  ''la société pour la protection de la nation'' qui attira l'attention de l'empereur lui-même.

Ce dernier décida de mettre en application les recommandations de Kang, malgré de vives oppositions. Le 11 juin 1898, un décret en faveur de changements radicaux de la politique nationale, fut promulgué. La période qui suis sera appelée la réforme des cent jours car elle sera interrompue au bout de 103 jours par l'impératrice douairière lorsqu'elle aura les pleins pouvoirs.
Elle fera arrêter et emprisonner Guangxu. Kang échappera de justesse à  l'arrestation et à  la mort.

Commencera une vie d'exil à  partir 1898 ; Japon, Canada, Grande Bretagne, qui s'achèvera en 1913 lorsque le gouvernement Qing aura annulé l'ordre de l'arrêter. Il restera un fervent défenseur de la monarchie jusqu'à  sa mort; il soutiendra même le coup d'état de Pu Yi.

Mais ces idées auront moins de succès que celles de Sun Yat Sen qui lui défend une république et non une monarchie qui se désintéresse du peuple.Il s'installera définitivement à  Shanghai o๠jusqu'à  sa mort il continuera de propager ses idées avec l'aide de ses partisans.

Il reste un des plus grands théoriciens politiques de la Chine moderne; son livre Da Tong Shu (le livre de la grande unité) a été classé dans la liste des 100 livres qui ont eu le plus d'influence dans l'histoire de la Chine.